Crowd work ‐ Première approche d’une «nouvelle» forme d’emploi

D’après Martin Risak

Qu’est-ce que le crowd work ?

Le développement des technologies de l’information et de la communication favorise de plus en plus l’émergence de nouvelles formes d’emploi, que l’on observe souvent dans la zone d’ombre entre travail salarié et travail indépendant. Parmi ces nouvelles formes d’emploi, le crowdworking présente un intérêt particulier, car il recèle le potentiel de modifier fondamentalement la manière d’exécuter un travail. Il s’agit d’activités qui étaient exécutées à l’origine par des partenaires contractuels individuels mais qui ne le sont plus, car elles ont été externalisées en étant proposées à un plus grand nombre de personnes (la crowd) à travers une plateforme internet de crowdsourcing. Ce processus est appelé crowdsourcing, et les clients sont des crowdsourcers, pour lesquels les crowd workers exécutent des prestations. La plupart du temps, ces acteurs ne sont toutefois pas en contact les uns avec les autres, la relation étant gérée par un intermédiaire, la plate‐forme de crowdsourcing.


Spécificités du crowd work

Le crowdsourcing peut avoir lieu en interne ou en externe, selon que la crowd se compose du personnel interne à l’entreprise (crowd interne), ou d’individus, pour la plupart anonymes (crowd externe).

L’éventail des tâches déléguées à la crowd externe est large. Celles‐ci peuvent aller d’activités simples, répétitives, faiblement rémunérées, dont l’exécution est très fortement standardisée ou automatisée, à des activités qualifiées et complexes, nécessitant plus de temps.

Les formes sous lesquelles les missions sont offertes sur les plates‐formes sont également diverses. Un dénominateur commun est la volonté d’une certaine forme de concurrence entre les crowd workers. Des micro‐tâches doivent être réalisées rapidement et représentent une sorte de travail à la chaîne numérique. De plus, les crowdsourcers ont la plupart du temps le droit de rejeter la prestation et de refuser de rémunérer le travail fourni. Le travail est le plus souvent récompensé sous forme de prix attribués à la meilleure contribution.

Les crowd workers constituent eux aussi un groupe hétérogène, et l’on peut pour l’essentiel les classer en trois groupes :

  • Des personnes qui disposent déjà de sources de revenu et qui cherchent un revenu supplémentaire,
  • Des personnes pour lesquelles le crowd work est la seule ou la première source de revenu,
  • Des personnes qui sont exclues du marché du travail régulier.

 

Implications économiques et sociales

Les entreprises ont recours à la méthode du crowdsourcing pour plusieurs motifs :

  • Pour exploiter des potentiels de main d’œuvre qui ne sont pas accessibles dans d’autres formes de prestation de services,
  • Pour accroitre leur productivité et réaliser des économies.

Les intermédiaires entre crowd workers et crowdsourcers, les plates‐formes de crowdworking, sont essentiels pour cette forme d’exécution du travail : ils mettent à disposition la crowd et l’infrastructure permettant le traitement de la commande. Le travail doit souvent être exécuté à travers leur interface afin d’en garantir l’efficacité. Ils transmettent les travaux achevés, prennent en charge le paiement des crowd workers, une communication directe entre ces derniers et les crowdsourcers n’étant généralement pas prévue.

Le crowd work peut mener à une modification en profondeur de la manière d’exécuter un travail, et recèle un fort potentiel d’exploitation des prestataires. Pour l’instant, les dispositions du droit du travail relatives à la protection ne s’appliquent pas aux crowd workers, alors que nombreux sont les arguments en faveur d’une relation de travail entre les crowd workers et la plate‐forme de crowdsourcing. La situation sociale des crowd workers est comparable à celle des salariés dans de nombreuses constellations. C’est pourquoi, vu la situation économique et celle de l’emploi, il est souhaitable d’appliquer des dispositions de protection aux crowd workers, ainsi que des droits d’information et de consultation face à la plate‐forme de crowdsourcing.

 

 

Pour plus de précisions, lire le Document de travail de Risak

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